Sonotone

Bob Mould

Silver Age

Merge

Rock

17 - 01 - 13


par Gaspard Turin

Il existe entre l’ancien chanteur de Sugar et celui des Pixies une communion qui n’est pas que spirituelle; ce sont tous deux d’anciens obèses (et chauves). On souhaiterait les voir à l’œuvre dans un concours d’avalage de hot-dogs, mais dans l’intervalle, on peut aussi bien les convoquer dans un match qui opposerait ces deux poids lourds de l’indie rock 90’s. A ma gauche Black Francis, qui gère son avantage de base à coups de bons albums, puis de moins bons, mais surtout trop nombreux. Le bonhomme fatigue. De petits punchs, souvent bien placés, mais peu efficaces sur le long terme. Trop statique aussi pour cette stratégie, qui exigerait un jeu de jambes conséquent, alors que s’il existe un autre point commun entre ces deux, c’est qu’ils n’ont pas beaucoup bougé au fil des années. Mais sur ce point, c’est Mould, à ma droite, qui impressionne le plus. Car presque rien ne différencie Silver Age des vénérables Copper Blue (1992) ou de File Under: Easy Listening (1994). Sans quitter son socle, archi-prévisible, et un peu seul dans ce millénaire (Bob est loin d’être un éponge à nouvelles tendances), c’est pourtant Mould qui s’impose aujourd’hui aux points, capable qu’il est d’attendre son heure pour asséner de gros uppercuts. Ainsi, sans être des merveilles de composition, Star Machine, Briefest Moment, Fugue State ou encore The Descent et sa mélodie imparable convainquent par leur aspect direct, efficace, et finalement presque sans âge.

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