Sonotone

Cloud Nothings

Attack On Memory

Carpark Records

Rock


par Julie Zaugg

Huit chansons et un peu plus d'une demi heure au total. Pour leur second album – après une série de EP's et un premier album lo-fi – Cloud Nothings ont privilégié l'urgence et l'éthique punk. C'est du moins ce que laisse penser une écoute rapide de Attack On Memory. Mais à y regarder de plus près, cet album est en fait bien plus ouvragé qu'il n'y paraît au premier abord. Prenons les 8.52 minutes de Wasted Days: le morceau se dévoile lentement, passe par plusieurs phases, contient de longues plages instrumentales et finit dans une apothéose emo. De même, le languissant et brillant No Future/No Past doit plus à Suicide qu'à Green Day. Sans surprise, il s'agit des deux meilleurs titres du disque. Parce que, justement, certains des autres morceaux lorgnent un peu trop du côté de la facilité. Le riff complaisant de Fall In ne restera pas dans les annales du rock, tout comme l'instrumental Separation. En revanche, Our Plans et Cut You ont beau être des chansons toutes simples, cela fonctionne. Parfois, la voix de Dylan Baldi – qui s'est, cette fois, adjoint les services d'un groupe en bonne et due forme plutôt que d'essayer de tout faire tout seul – prend des intonations à la Kurt Cobain (No Sentiment). Lorsqu'on sait que l'album a été produit par Steve Albini, l'effet miroir peut par moments être saisissant, et un peu désagréable. Un disque inégal donc, qui vaut surtout la peine qu'on s'y intéresse pour ses meilleurs moments.

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