Sonotone

The Notwist

Belluard, Fribourg


28.06.2012

par Gaspard Turin

Ce soir dans la vieille ville de Fribourg, nous sommes quelques âmes égarées à converger vers un lieu assez discret d’accès, le théâtre du Belluard, dans la vieille ville, affrété pour l'occasion par les efficaces programmateurs du Nouveau Monde. Autour de nous, les terrasses sont pleines, les regards sont rivés aux innombrables écrans qui diffusent le quart de finale Allemagne-Italie. Nous assistons aux sursauts des spectateurs, l’ambiance est électrique. Nous pourrions nous joindre à eux, mais nous avons rendez-vous ailleurs. Avec des Allemands. Qui, eux non plus, ne verront pas le match. Les vieux briscards de The Notwist: les frères Acher, le geek Martin Gretschmann, et pas loin derrière le batteur virtuose Andi Haberl. Un rendez-vous qui ne fera ralentir notre marche devant aucune terrasse, aucun penalty.

A l’entrée du théâtre du Belluard, c’est l’émerveillement. Pour n’être jamais venu ici, mes amis et moi en restons bouche bée pendant quelques instants. Il y a donc dans cette ville un authentique théâtre élisabéthain tout en bois, à ciel ouvert? Le cadre est petit: ses 400 places ont toutes été vendues. La scène est à 15 centimètres du sol, et tout au long de leur prestation, on aura un peu l’impression que The Notwist nous fait l’honneur d’un concert privé.

Si la scène est basse, les attentes sont hautes. Ceux qui ont déjà vu The Notwist savent que ce groupe compte parmi les meilleures formations live d’electro-rock au monde. Ces attentes ne seront pas déçues, notamment grâce à une série de nouvelles chansons (on retiendra en particulier Casino) qui laissent augurer d’un nouvel album de toute beauté d’ici quelques temps. Mais aussi grâce à la capacité, devenue rare et précieuse chez un groupe aussi à cheval sur la qualité de sa production sonore, à faire évoluer les chansons de l’album au live. Ainsi de Pilot et de sa fausse fin, de Gloomy Planets qui part en noise, de Boneless toute en douceur et en arrondis. Ce concert fut aussi l’occasion de retrouver certaines chansons comme on retrouve de vieux amis: Pick Up The Phone, One With The Freaks, Consequence. Après deux bis, les Bavarois quittent définitivement la scène, ne laissant à son public que le regret de n’avoir joué aucune chanson de Shrink (1998) - mais dans un état de grâce.

Ce soir-là, déjouant les pronostics, l’Italie remportait la victoire sur l’Allemagne. Nous avions vu un autre match, sans prétention nationaliste, dont tout le monde était sorti vainqueur.

Photo: Copyright Nicolas Brodard 

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