Editorial
Edito
N° 41, octobre 2009
par Frédéric Bachmann
Evoquer le graphisme des pochettes de disques peut sembler quelque peu désuet à l'ère du tout virtuel, du ipod et de la musique consommée morceau par morceau plutôt que sous la forme plus cohérente de l'album. Pourtant cet aspect reste primordial. Bien que le mode de diffusion de la musique se soit quelque peu transformé, les labels les plus prolifiques – comme Warp, Ed Banger ou Perlon – ont compris l’importance d’investir encore du temps et de l'argent dans le packaging des productions de leurs poulains. Une bonne pochette peut s’avérer un redoutable outil de communication. Bien pensée, elle peut révéler à la fois une identité visuelle forte, représenter un projet visuel cohérent et faire du disque un objet artistique plutôt qu’une simple marchandise prête à consommer. Boîtier transparent, en métal, recouvert de tissus, en papier spécial, imprimé directement sur le plastique, fluorescent, doré, argenté, tout est possible. Le disque, de même qu’une œuvre d’art plastique, donne des indices sur le contexte dans lequel il est né, sur ses conditions de production. Une pochette dans l’air du temps contamine progressivement un public constamment exposé aux images. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si beaucoup de plasticiens ont marqué les pochettes de disque de leur empreinte et si, en retour, de nombreuses covers ont inspiré des artistes contemporains. Les passerelles entre les deux mondes sont nombreuses, malgré l'aspect éminemment populaire de l'un et la posture parfois un peu élitiste du second.
Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.