The Dodos
Time To Die
Wichita, 2009
Pop1/6
N° 41, octobre 2009
par Julie Zaugg
A la première écoute de Time To Die, le troisième album des Californiens, on se dit qu'il n'y a rien de bien nouveau sous le soleil. Mais c'est précisément cela le secret de The Dodos: donner l'impression d'une apparente uniformité pour mieux nous surprendre au détour d'un titre (souvent après 3 bonnes minutes de préparatifs, de mise en bouche) avec l'un de ces détails attachants qui les rendent reconnaissables entre mille, comme ces percussions soigneusement décalées ou ces petits cris haletants (Go!) qui stoppent tout au milieu d'un morceau avant que les arrangements complexes ne reprennent leurs droits. Et lentement on voit apparaître un schéma, un "son" propre aux Dodos. Si cet album était moins réussi, on serait tenté de parler de "tics de language" (ou de musique?). La recette fonctionne particulièrement bien sur Longform, le point d'orgue de ce disque. Moins adolescente, la voix prend parfois des accents de crooner, comme sur le superbe The Strums). Seul regret, ce nouveau son plus mature nous prive des petites perles frénétiques dont regorgeait le magnifique Visiter (2008). Point de Fools, ni de Jodi ici. A la place, on gagne de longues mélopées de folk psyché qui prennent le temps de se déployer lentement, avant de se terminer en apothéose (A Time To Die). On n'y perd pas trop au change, sauf lorsque les titres restent repliés sur eux-mêmes, autistes et insignifiants, comme This Is A Medicine. Un album en demi-teinte, qui n'atteint pas la flamboyance de son prédécesseur, mais possède un charme discret des plus avenants.
Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.