La cover n'a pas dit son dernier mot
Dossier
N° 41, octobre 2009
par Frédéric Bachmann
Qui n'a jamais aperçu un jour chez son disquaire le graphisme détonnant d'un disque, entraînant son écoute et une heureuse découverte? Une situation certes plus improbable en ce début de 21e siècle, à l'heure de la dématérialisation progressive de la musique, mais qui n'enlève rien à la dimension mythique des pochettes qui ornent nos albums préférés. Retour sur 40 ans de révolution visuelle.
Pop art
Ils sont nombreux les groupes réemployant les codes du pop art: bandes dessinées, sérigraphies, objets de consommation courantes, icônes de la mode ou du cinéma. L'exemple le plus éloquent est évidemment la pochette très suggestive du premier album des Velvet Underground conçue par la star du pop art, Andy Warhol. Elle présente une banane qu'on nous propose de peler lentement ("peel slowly and see") et qu'il était possible de soulever sur la pochette originale pour révéler une banane couleur chair. Le groupe allemand Can singe subtilement l'artiste new-yorkais en 1972 avec une boîte de gombos en couverture de son album Ege Bamyas,
explicitant leur goût pour la World Music. Sur une grande quantité d'albums figurent des dessins de style BD. Citons Lift Your Skinny Fists Like Antennas To Heaven de Godspeed You! Black Emperor, Terraform et Excellent Italian Greyhound de Shellac, Angst et Xtort de KMFDM ou encore Goo de Sonic Youth.
Psychédélisme
La musique des années soixante est fortement imprégnée par les drogues hallucinogènes. Et le psychédélisme se propose de recréer de façon consciente les perceptions sensorielles distordues créées par l'ingestion de LSD, à l'aide de dessins ou de montages photographiques. La pochette de Revolver des Beatles dessinée par Klauss Voormaan lance ce style psychédélique en 1966 sur les couvertures de disque, suivi par The Zombies avec Odessey & Oracles et Jimi Hendrix (Are you experienced?, Axis: Bold as love) puis les pochettes de Funkadelic (Funkadelic, Maggot Brain) et des premiers Pink Floyd (The Piper At The Gates of Dawn, A Saucerful of Secret, Ummagumma, Meddle) jusqu'aux Spacemen 3 qui reprennent les codes du psychédélisme à la fin des 80's (The Perfect Prescription, Performance).
Scandale, Récup' et Collages
Beaucoup de pochettes reprennent l'esthétique dadaïste et surréaliste par le biais de collages, de détournement et de récupération d'images. Avec London Calling, The Clash détourne la pochette du premier
Seules les pages 1, 2 sur 6 de cet article ont été archivées.
Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.