Sonotone

Burial

Untrue

Hyperdub, 2007

Incontournables1/1

N° 41, octobre 2009

par Valentine Nicollier

Hyperdub fête ses 5 ans, et l’occasion est trop bonne de revenir sur Burial, l’homme qui propulsa bien malgré lui le label de Steve Goodman (aka Kode9) et ses acolytes là où aucun d’entre eux n’avait envie d’aller, c’est-à-dire sur le devant de la scène médiatique. Sorti en 2007, une année après un premier album éponyme, Untrue a marqué les fans de dubstep, cette relecture londonienne du dub jamaïcain. Si les basses, signature du genre, forment bien l’armature des 13 morceaux de l’album, l’originalité du son Burial est lovée quelque part entre le cliquetis des beats, l’omniprésence des nappes (l’intro Archangel donne le ton) et des samples de vinyles poussiéreux, les voix oscillant entre réminiscences house (Raver) et R’n’B (Near Dark, Untrue, Homeless). La riche texture sonore est sans cesse menacée d’éclatement; les coutures sont visibles et l’impression de collage maladroit qui se dégage à la première écoute nécessite parfois pour disparaître un effort mental de recomposition. Depuis, devant l’intérêt exclusif des journalistes pour son identité soigneusement dissimulée, Burial - alias William Bevan - s’est découvert… pour aussitôt s’évaporer des pages d’actualité et nous inviter à une autre sorte de traque, musicale cette fois, qui nous mène d’une présence fugitive sur un album de remixes (Bloc Party, Thom Yorke) à une collaboration lumineuse (le sublime Moth/Wolf Club avec Four Tet).

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

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