Medicine
Shot Forth Self Living
Creation, 1992
Incontournables1/1
N° 46, mai 2010
par Francis Kay
Sorti en pleine période shoegaze, le premier album de Medicine n'a pas durablement marqué les mémoires. Il proposait pourtant une version américaine de My Bloody Valentine qui, rétrospectivement, apparaît plus intéressante que l'original, car la noisy-pop de Shot Forth Self Living ouvrait sur des perspectives musicales n'ayant pas vraiment été exploitées par d'autres groupes depuis. Medicine a pourtant à son actif quatre albums, dont le dernier, The Mechanical Forces of Love (Wall of Sound, 2003), est même le fruit de sa reformation. Shot Forth Self Living est composé des éléments qui permettent bien de l'apparenter à My Bloody Valentine: dans le premier titre, One More, il faut attendre plus de 3 minutes avant que les voix éthérées de Brad Laner et Beth Simpson n'émergent de stridences poussées à leurs limites. Un entrelacement sensuel qui rappelle donc ceux pratiqués par Kevin Shields et Bilinda Butcher – sauf que chez Medicine, on perçoit une volonté plus forte de créer des contrastes. Ensuite, dès l'écoute d'Aruca et de Defective, il semble que Medecine développe davantage un aspect dance-floor que My Bloody. Mais A Short Happy Life montre que le chant de Beth Simpson peut très bien prendre un ton plus plaintif et tragique. Avec le sentiment qu'elle donne de respirer sous masque à oxygène, Miss Drugstore est sans doute la chanson à la fois la plus oppressante et la plus insolite de l'album, juste avant qu'il ne finisse dans la descente aux enfers de Christmas Song.
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