Sonotone

Boogers

As Clean As Possible

Wagram, 2010

Rock1/7

N° 46, mai 2010

par Cédric Barrat

Boogers, je l’avais vu il y a quelques années en première partie de Rubin Steiner, un Français très chouette dont il était le batteur. Un concert vraiment surprenant: ce type sautait dans tous les sens, tel un rappeur fou, envoyait des pédales d’effet les unes après les autres, jouait avec tout comme un gosse qui se lasse après deux minutes de chacun des ses gadgets. Boogers dégageait une joie authentique, expression de sa passion pour la musique (les musiques) qu’on voit rarement en concert, à l’exact opposé de la pose prétentieuse des rockeurs timides. Personnellement, je me méfie des mecs à torses nus, tel que Boogers apparaît sur la pochette. N’étant qu’à moitié nu, tentant de se faire comprendre d’une manière aussi claire que possible: moitié sportif (nageur?), moitié rappeur-rockeur-clubber, tout en exposant à plat ses instruments dans un joyeux bordel d’homme-orchestre barbu et passionné de musique(s). Toute la pochette respire le son contenu dans cet album. A la première écoute, c’est le jeu de recherche des influences qui empêche de l’apprécier. Dans le désordre: Weezer, Grandaddy, The Strokes, Beastie Boys, références qui en font un disque typiquement américain. Ce qui est en soi une qualité hors du commun pour un disque de pop-rock français! Il faut au moins une troisième écoute pour dépasser ce petit jeu. Et là, on s’attache fortement à Boogers, et on se sent pote avec ce mec, de manière simple, joyeuse, profonde et festive. Bref, ce genre de type qu’on a envie de croiser tous les week-ends en soirée pour boire une bière et parler musique.

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

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