Sonotone

Editorial

Edito

N° 42, novembre 2009

par Julie Zaugg

S'il fallait trouver un son qui caractérise les années 2000, quel serait-il? Le rock en Converses symbolisé par la percée de The Strokes en début de décennie? Ou alors le post-punk que des groupes comme Franz Ferdinand ont tenté de faire revivre? Ou encore le rock'n roll rocailleux des White Stripes et Queen Of The Stone Age, renvoyant aux racines sudistes du genre? Ou peut-être même le retour le plus improbable du siècle nouveau, celui du shoegazing, incarné par des groupes comme The Raveonettes ou Glasvegas? Mais ces divers courants restent dans le domaine du revival. Pas grand-chose de nouveau sous le soleil. Peut-être faut-il se pencher sur les ovnis de la décennie, ces expérimentateurs sonores qui ont su s'inventer un nouvel univers, devenu référentiel pour une bonne partie des formations qui ont émergé au cours des dix dernières années. Je parle des Arcade Fire, des LCD Soundsystem, des Beirut, des Antony And The Johnsons ou des David Sitek. C'est sans doute cela la particularité des années 2000, d'avoir fait émerger des individualités plutôt que des courants musicaux. Définitivement sortis de l'ère des décennies monocolores - après les derniers soubresauts des années 90 marquées par la britpop et l'électro – nous sommes entrées dans une période caractérisée par des mini-explosions de génie, qui deviennent rapidement le centre d'une galaxie où gravitent une multitude de satellites apparentés. Ces univers indépendants les uns des autres sont reliés sous la forme d'un réseau souple. Très post-moderne, tout cela.

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

N° 42