Arctic Monkeys
Humbug
Rough Trade, 2009
Rock
N° 42, novembre 2009
par Gaspard Turin
«Humbug» signifie escroquerie, et rarement un album aura aussi mal porté son nom. Ce troisième disque est en effet parfaitement dépourvu d’effets de manche gratuits; rien n’y figure qui ne soit nécessaire et suffisant aux quatre anglais. D’où l’absence remarquable sur cet album de tubes fédérateurs comme auront pu l’être When The Sun Goes Down ou Teddy Picker. On peut le regretter, mais au final cela n’empêchera pas les amateurs d’apprécier à leur juste poids ces chansons (qui ont effectivement pris du bide, depuis les débuts plutôt rachitiques du quatuor). Des chansons calmées par l’expérience du désert californien de Josh Homme dans lequel ils sont allés les enregistrer. Car lorsque certains gamins du rock, pour faire moins morveux, se laissent pousser la barbe (Kings Of Leon), d’autres décident de passer dans la cour des grands. Concernant le désert du Mojave, je lis à l’instant sur Wikipedia qu’il «sert de refuge aux marginaux, aux groupes de rock underground de L.A. ou aux joueurs de didgeridoo», ça ne s’invente pas. Et même si Homme, premier viking des Queens Of The Stone Age, faisait partie de la troisième catégorie, on ne l’entend heureusement pas trop sur Humbug, aux accents souvent western (Dance Little Liar), à la gouaille parfois quasi mafieuse (The Jeweller’s Hands), à d’autres moments plus proches du tragique des Last Shadow Puppets (Crying Lightning, l’excellente Fire And The Thud). On est passé du brouillard humide de Jack l’éventreur à la poussière de Il était une fois dans l’ouest, mais le film est toujours aussi prenant.
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