Au Revoir Simone
Still Night, Still Light
Moshi Moshi, 2009
Pop
N° 42, novembre 2009
par Joanne Beaud
Les Simones nous avaient laissés éblouis, conquis par leur (premier vrai) LP Bird of Music (2007), un album tendre et jubilatoire, vite devenu disque de chevet pour une bonne partie de la rédaction de Sonotone. Les voir cette année-là jouer leurs chansons pour nous et une poignées d’autres chanceux au Bad Bonn de Düdingen, un soir pluvieux de mars, acheva de sceller l’idylle avec ces trois grandes sauterelles. C’est dire si ce nouvel album était attendu (on s’est même un peu battus pour le chroniquer). A la première écoute, Still Night, Still Light surprend par sa teinte plutôt sombre. Point de tubes ici. Pas de changement radical, mais un glissement subtil que l’on ressent dès les premières notes… Annie, Erika et Heather susurrent «I’m moving on, I hope you’re coming with me» (Shadows), et on les suit, un peu surpris mais confiants. Au fil des chansons, on s’habitue à cet univers légèrement glauque, entre les époques, quelque part entre ELO et Air, souvent rythmé par des chœurs répétitifs (All Or Nothing) et une rythmique obsédante (Knight Of Wands). Des sortes de mantras un peu obsessionnels mais d’une rare beauté, jusqu’à la chanson phare de l’album, Only You Can Make You Happy, qui s’étale en nappes sonores durant de longues minutes avant que les voix arrivent de nulle part et fassent s’envoler le tout. Sublime. De là, ce n’est qu'une lumineuse redescente en douceur (Anywhere You Looked, Tell Me). Un album moins évident que le précédent mais qui tiendra clairement sur la longueur.
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