Sonotone

A Camp

Colonia

Reveal Records, 2009

Pop

N° 36, mars 2009

par Gaspard Turin

Son nom est Persson, son prénom Nina, on la connaît par son travail au sein des Cardigans, et par une carrière solo sous ce nom curieux de A Camp, dont c’est ici le second album. On dirait que la belle Suédoise se profile avec Colonia comme la réponse féminine à Neil Hannon. En effet, les titres de ce disque sont de la facture la plus classique qui soit, quitte à en devenir prévisibles (notamment le single un peu faiblard Stronger Than Jesus), les arrangements sont somptueux, parfois somptuaires, l’ambiance est nostalgique, parfois douloureuse et belle, parfois aseptisée comme la fin de journée ensoleillée d’une riche bourgeoise sous Xanax. Comme chez Divine Comedy, les plus belles chansons sont les plus flamboyantes: le duo avec Nikolaï Dunger Golden Teeth And Silver Medals, la majestueuse Here Are Many Wild Animals, les impressionnantes It’s Not Easy To Be Human, Chinatown, I Signed The Line valent à elles seules le détour et pourraient en remontrer à beaucoup, aux apprentis songwriters de la nouvelle scène française par exemple. Comme chez Divine Comedy enfin, les références sont nombreuses et érudites, de Phil Spector à Mort Shuman ou Burt Bacharach, dans l’atmosphère tranquille d’une époque désuète, et figée dans un soleil de fin d’après-midi, comme je l’ai déjà dit. Album cinématographique et hors du temps, Colonia est certes un peu chiant, mais à qui prend la peine de s’y plonger, il réserve des trésors satinés, dorés à souhait.

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

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