Sonotone

Antony And The Johnsons

The Crying Light

Rough Trade, 2009

Rock

N° 42, novembre 2009

par David Clavien

C’est une photo du danseur japonais Kazuo Ohno qui illustre The Crying Light, le nouvel album d'Antony And The Johnsons. "Mon nouvel album est dédié à Kazuo Ohno. Il semble danser à l'intérieur d'un halo de mystère et de créativité, chacun de ses gestes incarnant à la fois l'enfance et la féminité." Ces quelques mots d'Antony Hegarty résument parfaitement les ambiances traversées sur The Crying Light. Après un excellent deuxième album I Am A Bird Now, différentes collaborations prestigieuses (Rufus Wrainwright, Björk) et une participation remarquée en diva disco sur Hercules & Love Affair en 2008, l’année 2009 commence plutôt bien pour l'Américain d'origine britannique qui nous offre un album criant de sincérité. Douleur et douceur mêlée, la voix d’Antony est un vibrato qui se fait tour à tour viril dans les basses et fragile dans les aigues. Elle scelle un lien d’affection éternelle avec les disparus et les êtres aimés. Antony tisse aussi son univers affectif à partir des blessures de son identité ambiguë et adoucit sa peine dans la ferveur d’un chant qui sublime violences physiques et regrets. Maintenant que son corps est devenu femme, le bonheur sera peut-être plus facile à approcher. Dès les premières notes de Her Eyes Are Underneath The Ground un frisson nous parcourt et rappelle combien l’univers d’Antony est empreint d’une émotion à fleur de peau. A l'écoute de la lente valse Epilepsy Is Dancing, de la ballade One Dove où chaque note respire, ou des titres plus enlevés comme Kiss My Name et Daylight And The Sun, le temps paraît suspendu. Et la lumière se mit à pleurer.

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

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