Anathallo
Canopy Glow
Anticon, 2008
Pop
N° 42, novembre 2009
par Julie Zaugg
Anathallo, c'est un peu comme si on enfermait le chœur de l'école dans une église pendant six mois, avec pour seule distraction toutes les formes d'instruments possibles et imaginables. Il en ressortirait sans doute avec quelque chose approchant ce Canopy Glow, un album désarçonnant et multiple, qui voit chacun des sept membres du groupe chanter – seul ou tous ensemble –, s'adonner aux percussions, tapoter un glockenspiel ou gratouiller une guitare. Cette méthode de travail un peu hippie aurait pu produire un disque complètement désorganisé et fouillis, mais ce n'est pas le cas ici. La solidité des compositions, bien moins anarchiques qu'elles n'en ont l'air à première vue, font du second album de la formation de Chicago une véritable cathédrale sonique. Ou peut-être une tour de Babel musicale (c'est d'ailleurs le titre de l'un des morceaux…). Souvent comparés à Sufjan Stevens, Anathallo s'en distingue pourtant par une différence de taille: les textures extrêmement denses et ouvragées qui servent d'écrin aux mélodies, et qui rattachent ce disque à la tradition du mythique label Anticon, sur lequel il est paru. La réussite apparente sur des titres comme The River ou All The First Pages, qui s'envolent, aériens. Ailleurs, la volonté de multiplier les pistes, les harmonies et les instruments, prétérite la cohérence de l'ensemble. Un album difficile d'accès, compliqué en somme, mais qui récompensera l'auditeur patient.
Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.