Atlas Sound
Let The Blind Lead Those Who Can See But Cannot Feel
4AD, 2008
Pop
N° 42, novembre 2009
par Gaspard Turin
Ce qui frappe tout de suite dans le disque d’Atlas Sound, dès le titre introductif A Ghost Story où l’on entend un enfant raconter une histoire toute mignonne mais parasitée par des bruits bizarres (façon Bright Eyes sur Fevers & Mirrors), c’est une forme de souffrance indicible et profonde. Que vient confirmer l’aspect très syd-barrettien de la diction. Le début du disque en devient par là même effrayant, à l’image de l’obsessif Quarantine où Bradford Cox répète en boucle «I’m waiting to be changed». Quand on sait que l’homme aux manettes d’Atlas Sound a passé une partie de sa vie sur des lits d’hôpital à cause d’une maladie génétique, on a beau étouffer tout cynisme, on se dit que ça sent un peu le formol. Puis une série de titres viennent relever le moral de l’ensemble, notamment un Cold As Ice assez léger que ne renierait pas Mathieu Boogaerts, un très beau Bite Marks qui serait la rencontre entre Sigur Ros et un respirateur artificiel, un Ativan encore un peu pâlot mais en voie de guérison, rappelant certains morceaux du récent We Can Create de Maps. En bref, un disque qui s’adresse aux amateurs de pop expérimentale et éthérée – par exemple aux récents convertis par Caribou. On préviendra quand même que l’écoute de ce disque n’est pas de tout repos. Pour ceux qui sont prêts à tenter une forme inédite et passionnante de near death experience.
Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.