Sonotone

Airiel

The Battle Of Sealand

Highwheel, 2007

Pop

N° 42, novembre 2009

par David Clavien

On aurait été d’accord de pardonner à Ash l’effroyable Meltdown de 2004, fourvoiement heavy-metal à la crédibilité proche du zéro absolu. Mais pas avec un répertoire aussi pauvre que celui qui compose ce Twilight Of The Innocents, ramassis de chansons rock FM faciles, à peu près aussi captivantes qu’une biographie de Samuel Schmidt. Ce qui sauvait Ash du ridicule sur Free All Angels ou sur 1977 était la facilité de Tim Wheeler à bricoler des petites bombes pop-rock désarmantes de candeur et d’efficacité. Que cette faculté vienne à s’émousser, voire à disparaître, et ce sont tous les vilains tics de la formation qui deviennent visibles comme un gros bouton sur le nez d’un adolescent. Structures en couplets-refrain avec, devinez quoi? le refrain plus fort que le couplet, solos de guitare au minimum syndical, héroïsme tiède de l’inévitable montée de la voix dans les aigus toutes les douze secondes, aphorismes bien sentis du type «When I get high, you always bring me down»; le tout enrobé d’une vanité boursouflée qui ferait rougir même Freddie Mercury. Ash sonne ici, au mieux, comme Muse (You Can’t Have It All), au pire, comme du sous-Indochine (Princess Six) ou plus simplement et plus généralement comme du sous-Ash. Le temps semble bien loin où ces innocents avaient les mains pleines.

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

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