Andrew Bird
Armchair Apocrypha
Fargo, 2007
Pop rock
N° 42, novembre 2009
par David Clavien
Voici le nouvel œuf pondu par l’Illinois Andrew Bird, auteur compositeur de talent, violoniste de formation qui aligne déjà pas moins de dix albums à son compteur. Et ce disque compte certainement parmi ses meilleurs volatiles. Si celui-ci contient quelques rares plages instrumentales transitoires, pour le reste ce sont de purs moments de magie fascinants, exécutés avec finesse et onirisme. La mélancolie des mélodies est accompagnée par une voix au ramage coloré et sinueux, ainsi que par des touches ça et là de sifflements gracieux. L’originalité de Bird est magnifiée par l’utilisation de multiples instruments (violon, guitare, piano, glockenspiel). Sur scène, il use volontiers d’oversampling pour jouer par-dessus ses propres boucles et amplifier encore plus l’effet majestueux de son instrumentation. Et la gravité devient légère comme la caresse d’une plume de perruche. On retrouve sur Armchair Apocrypha une version accélérée et plus aboutie d’Imitosis, tiré de l’album Weather Systems paru en 2003. Ce nouvel opus, aux atmosphères variées et changeantes, mêle rock aérien comme sur Fiery Crash et Dark Matter, pop luxuriante avec le magnifique Heretics et folk impérial avec Cataracts, morceau qui semble né pour tirer des larmes à l'auditeur. Simple X évoque aussi Antony And The Johnsons et Plasticities se positionne dans la lignée de Rufus Wrainwright. L’oiseau insolite Andrew, libéré de sa cage, survolera majestueusement encore un moment nos têtes ébahies.
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