Sonotone

Arcade Fire

Neon Bible

Sonovox, 2007

Pop rock

N° 42, novembre 2009

par David Clavien

Et voilà, ça y est, il est là, le phénomène le plus attendu depuis qu'on sait que Jésus ne reviendra pas. Ouvrez cette bible de néons et vous y trouverez de nouvelles paraboles. C’est d'ailleurs dans une ancienne église, nichée dans une rue tranquille de Montréal et réaménagée en studio, que le couple Butler/Chassagne et toute sa petite armée (orchestre hongrois, chorale militaire) ont enfanté ce nouveau prodige. Les premiers titres Black Mirror et Keep The Car Running affichent d’emblée l’évidence: Arcade Fire n’a pas changé. L’orchestration, signée comme sur Funeral par le violoniste Owen Pallett, est toujours aussi minutieuse et fouillée avec des mélodies riches et voluptueuses. La plupart des titres crèvent l'écran grâce à la multitude d’instruments employés, conviant l’auditeur à une messe magistrale avec parfois l’impression que dix orchestres soutiennent l'assaut final (Windowsill, Ocean Of Noise) . Sur Intervention et My Body Is A Cage, un orgue d’église dantesque et majestueux résonne dans les hauts plafonds. Black Wave/Bad Vibrations et sa déambulation saccadée - entre mélodies légères et rythmiques martiales - plonge l'auditeur au coeur de solennelles funérailles. L'album comprend également l’excellent No Cars Go, meilleure pièce du EP paru en 2003. Les flammes d’Arcade Fire sont belles et bien de retour, prêtes à consumer celui qui aura l'imprudence de s'approcher de ce nouveau petit joyau de pop sombre et orchestrale.

Ancien site sonotone.ch (2006–2011), restitué à partir des captures de la Wayback Machine. Les images n'ont pas été archivées.

Chroniques A–Z