Youth Lagoon
The Year of Hibernation
Fat Possum
Pop
par Julie Zaugg
The Year Of Hibernation fait partie de ces albums brillants dont le génie doit tout autant à la qualité de ses compositions qu’aux circonstances dans lequel il est né. Enregistrés dans un garage par Trevor Powers, 22 ans et originaire de l’Idaho, ces huit titres terriblement lo-fi sont nimbés d’une atmosphère rêveuse et analogique, cadrés par des synthés vintage et quelques beats artisanaux. La voix est frêle, haut perchée, presque enfantine, à l’image d’un Bon Iver ou d’un Perfume Genius. Le résultat est tout simplement bluffant: cet album est sans doute l’un des meilleurs disques de 2011, sans même avoir besoin de recourir au moindre artifice ou à un tant soit peu de production soignée. Le superbe et fragile July en est le point d’orgue, mais les autres titres ne sont pas pour autant d’une qualité inférieure. Cet opus fait preuve d’une admirable constance, de l’inaugural Afternoon au piano délicat de Montana, en passant par la nostalgie douce-amère de Seventeen ou les grincements inquiétants de Daydream. Très souvent le morceau commence de façon très discrète, gagnant peu à peu en force, avant de finir dans une apothéose sonore où la voix se mêle aux autres instruments dans un fatras poétique d’une beauté à couper le souffle. Et d’une infinie tristesse.