The Drums
Portamento
Moshi Moshi / Island, 2011
Pop
par Sophie Morceau
Après une rupture houleuse d’avec leur guitariste et la prise en main revancharde et despotique de Jonathan Pierce, les Drums ont écrit, enregistré et fait tourner Portamento en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Le disque devait faire un carton et l’annonce laissait dubitatif, si l’on en jugeait par le single un peu faiblard qu’est Money. Heureusement, le reste réserve de très bonnes surprises, telles que Book of Revelation, où Jonathan Pierce exorcise la perte de sa foi (si, si) et la rupture d’avec le mode de vie très chrétien de sa famille. Parmi les réussites de cet album, citons encore If He Likes It Let Him Do It, Please Don’t Leave, lancinante, et I Need a Doctor qui commence avec un sample de l’interphone de chez Pierce, où une bonne partie du disque a été enregistrée. Portamento est l’expression d’une pop faussement désinvolte, et un album plus introspectif que le précédent. Contrairement à celui-ci, les allusions à l’immanence de la jeunesse («we were just wasting time», dans Days) à l’angoisse de la mort sont maintenant formulées et non plus suggérées. Les Drums assument les thématiques de sexe, de mort et de douleur, mais toujours sur un ton léger, détaché et faussement fleur bleue, comme si le point de rupture n’était pas loin. Certes, chanter le memento mori est un exercice vieux comme le rock’n’roll, mais ces garnements le font avec panache, et parviennent à cristalliser les angoisses diffuses de leur congénères désenchantés. Vivement le suivant!