Baxter Dury
Happy Soup
Regal / EMI, 2011
Rock
par Gaspard Turin
Comment va la vie. Alors que la légende du rock anglais Ian Dury se lançait dans la musique au début des années 70 à la suite de la mort de son idole Gene Vincent, son fils Baxter décidait à trente ans passés de s’aventurer dans la même carrière, suite à la mort de son père. D’ici à parler de destinée, il n’y a qu’un pas, qui se laisse franchir d’autant mieux que l’homme est un artiste accompli: on ne peut, en l’écoutant, que se rendre à l’évidence de la justesse du ton, de la maîtrise de l’ensemble. D’Ian, célèbre pour un slogan («sex & drugs & rock & roll») qui ne rend pas justice à sa formidable carrière de performer et de parolier, le fils a conservé un accent cockney outrageux et un éclectisme musical jouissif et pince-sans-rire. Ce troisième album, à la hauteur du précédent Floor Show, présente une collection de chansons minimalistes, légères et soucieuses, rappelant parfois le Cure des tout débuts (Picnic On The Edge). Au chant, Dury est épaulé par Madelaine Hart, à la voix sans effets de manche, comme celle de Laetitia Sadier – d’ailleurs Baxter Dury partage avec Stereolab une filiation de minimalisme obsessionnel qui remonte aux Young Marble Giants: une musique de faux-calmes, où les ballades downtempo se trouvent inquiétées par des rires hystériques en arrière-plan (The Sun). Mention spéciale aux deux chansons à noms de filles (Isabel et Claire) du début: on ne pouvait rêver de meilleures muses pour se faire guider dans ce disque, réussi de bout en bout.