Chelsea Wolfe
Apokalypsis
Pendu Sound Recordings, 2011
Rock
par Sophie Morceau
Après une intro qu’il vaut mieux ne pas écouter seul-e au milieu de la nuit, puisqu’il s’agit d’un hommage à Burzum (alias Varg Vikernes, musicien de black métal norvégien), l’album enchaîne sur Mer, une ballade atmosphérique à peine moins inquiétante, dont le gentil riff répétitif est percé ça et là de vagissements à vous flanquer des frissons. La chanteuse Chelsea Wolfe partage d’ailleurs avec ce cher Varg un goût pour les effets synthétiques, comme on peut le constater notamment sur The Wasteland ou Friedrichshain. Là où sa compatriote Zola Jesus s’est un peu embourbée sur Conatus, entre imagerie goth et minauderies, la demoiselle se tire d’un parti pris peu facile à assumer avec une aisance admirable. Car si la composition n’est pas de première originalité, les qualités de la dame sont dans sa capacité à implanter des ambiances. C’est que Chelsea Wolfe a bien appris sa leçon: Earth et Asva d’une part, pour le côté lent, épuré, et Sonic Youth ou PJ Harvey pour les guitares rageuses et sourdes de Demons. Les influences sont ambitieuses, les références solides, et le timbre de voix bien maîtrisé, même s’il est parfois surchargé en réverbération. Chelsea Wolfe n’est pas la première arrivée sur ce terrain où règne la nostalgie de Siouxsie and the Banshees, mais le fait qu’Apokalypsis soit sorti sur Pendu Sound Recordings et qu’elle partage des dates avec les New-Yorkais de Liturgy la situent plutôt du côté de la scène renégate black métal, et gageons qu’il faudra compter avec elle.